Une minute, Mme Bachelot !

Posté le 1 octobre 2008 @ 10:40 par Jean Lançon

Notre actuelle Ministre de la Santé, Roselyne Bachelot herself, annonce, je cite, qu’aucun effort n’est demandé aux patients.

Alors bon, je vais quand même vous citer deux exemples. Un qui n’a que très peu de rapport avec le sujet mais qui illustre le formidable fonctionnement de la Sécurité Sociale, et un autre qui, lui, effectivement, confirme - de la façon la plus perverse qui soit - qu’aucun effort n’est demandé aux patients.

Cas n° 1, pas bien grave

Il paraîtrait - je mets le conditionnel - que désormais toute personne assurée à la Sécurité Sociale, doit, sous peine de voir ses droits suspendus, se présenter au moins une fois par an pour faire valider ses droits, justificatifs à l’appui.

Cela semble abracadabrantesque à l’heure où toutes les cotisations sociales sont centralisées au niveau informatique, mais le courrier que j’ai reçu le 25 juin - et qui avait été posté de ma CPAM le 10 juin, que voulez-vous, il faut le temps de le taper, de l’imprimer, de le mettre sous enveloppe, etc… - le démontre.

Ce courrier, en substance, m’informait que mes droits en termes de couverture sociale étaient interrompus. J’appelle donc, et effectivement on me confirme que mes droits ne sont plus assurés depuis le… 31 décembre 2007 (un comble, vu ce que je cotise et le nombre d’heures que cela représente) ! Quand je rétorque qu’en tant qu’assureur, la CPAM a l’obligation d’informer ses assurés d’une suspension en respectant un préavis, et qu’ils ont beaucoup de chance que rien de grave - médicalement parlant - ne me soit arrivé (ce qui le cas échéant leur aurait valu un beau procès), la dame au téléphone (au demeurant sympathique) me dit, tenez-vous bien : “ne vous inquiétez pas, vous avez eu quelques soins courants depuis janvier, on les a payés quand même à titre exceptionnel” !

Evidemment, je reçois ce courrier à la période la plus chargée de l’année et, comme je l’ai fait pour beaucoup d’autres choses, j’ai remis à la rentrée.

Début septembre, j’arrive donc à la CPAM avec mes nombreux justificatifs. La dame de l’accueil (charmante aussi, peut-être la même qu’au téléphone) les prend et les photocopie. Elle me dit qu’avec ce que j’ai apporté comme justificatifs, j’ai plus que largement de quoi rouvrir mes droits pour un an. Et elle me précise qu’il faudra à tout assuré social de France et de Navarre, une fois par an, présenter ses justificatifs. Elle ne m’a pas précisé si c’était sur papier ou gravé dans le silex.

2ème cas, autrement plus grave

Ma voisine, ex-associée et meilleure amie, est handicapée, en raison de six pathologies distinctes au niveau lombaire, lesquelles ne peuvent être opérées car, pour simplifier l’explication, en traiter une aggraverait les autres. Les seuls aspects qui peuvent être traités dans le cadre de ces pathologies sont la mobilité et la douleur. A renfort de séances de kiné à domicile et pas moins de 32 cachets par jour.

Les cachets traitent la douleur (traitement supervisé par le centre de la douleur au CHU), les séances de kiné quant à elles interviennent essentiellement sur la mobilité. Incapable de descendre et remonter plus d’un escalier par jour, cette personne a besoin de ces séances pour ne pas se démuscler, ce qui provoquerait un affaissement au niveau du dos et ajouterait donc au minimum une septième pathologie lombaire.

Coup de fil hier de son kinésithérapeute : le médecin-conseil de la CPAM l’a appelé pour l’informer que l’organisme refuse de continuer de prendre en charge les séances de kiné de cette personne, en l’absence d’amélioriation notable. Tentant de lui expliquer mieux la situation, le kiné s’entend répondre “elle n’a qu’à se prendre en main” !

“Et si elle était tétraplégique, elle ferait quoi ?”, demande le kiné…

(silence du médecin, aucune réponse)

Effectivement, la priver de séances de kiné et par voie de conséquence de toute mobilité, c’est une façon comme une autre de “ne demander aucun effort au patient”…

1 Commentaires

  1. David
    8 novembre 2008 à 17:21

    C’est Grotesque quand même. Un jour on devra se présenter à la sécu pour prouver qu’on est bien malade.

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